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dimanche 31 mars 2013

Chômage : des mesures pérennes sont indispensables.

Pour le 22ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi augmente en France. Ils sont plus de 4 700 000 de catégories A, B et C recensés à Pôle Emploi fin février 2013, soit une augmentation de 9,8 % sur un an.

Le chômage de masse s’installe durablement en France en continuant à frapper durement les femmes, les jeunes et les seniors.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, seul un changement radical des politiques économiques et sociales permettra d’inverser la tendance. C’est tout le sens des propositions de la CGT pour une politique industrielle ambitieuse, le développement des services publics, la relance de l’activité et la création d’emplois.

Ces éléments rendent d’autant plus légitime et nécessaire l’engagement de tous les salariés dans la journée de grève et de manifestation le 9 avril 2013. Côte à côte, privés d’emploi, précaires et salariés que l’on veut flexibiliser encore davantage par l’accord national interprofessionnel du 11 janvier et le projet de loi débattu à l’Assemblée nationale seront ensemble, dans l’action.

Montreuil, le 26 mars 2013

Le retour de la lutte de classe

Entretien avec Domenico Losurdo
D. Losurdo est un des chercheurs italiens en philosophie les plus traduits au monde. Tous ses livres ont déjà eu des éditions en anglais, étasunien, allemand, français, espagnol mais aussi portugais, chinois, japonais et grec. Nous oublions sans doute quelques langues. Le Financial Times et la Frankfurter Allgmeine Zeitung, entre autres, lui ont consacré de nombreuses pages. Traitement qui jure avec celui qui lui est réservé dans son pays (et en France, NdT), où ses travaux font l’objet, souvent et volontiers, d’un silence étudié. Sans que, toutefois, ceci n’ait d’incidence sur les ventes, si l’on s’en juge aux éditions réitérées de ses ouvrages.
Son dernier ouvrage est publié ces jours-ci aux Editions Laterza, sous le titre : La lotta di classe. Una storia politica e filosofica (La lutte de classe. Une histoire politique et philosophique) (388 pages)  [1] ; Critica liberale est allé l’interviewer à ce sujet dans sa maison-bibliothèque des collines d’Urbino.

Professeur Losurdo, expliquez-nous cette idée d’un livre sur la lutte de classe, concept qui a souvent été donné pour mort.
Pendant que la crise économique se propage, les essais se multiplient pour évoquer le « retour de la lutte de classe ». Avait-elle disparu ? En réalité, les intellectuels et les hommes politiques qui proclamaient le déclin de la théorie marxienne de la lutte de classe commettaient une double erreur. Dans les années 50, Ralf Dahrendorf affirmait qu’on assistait à un « nivellement des différences sociales » et que ces modestes « différences » mêmes n’étaient que le résultat de la réussite scolaire ; mais il suffisait de lire la presse étasunienne même la plus alignée pour se rendre compte que dans le pays-guide de l’Occident, aussi, subsistaient des poches effroyables d’une misère qui se transmettait de façon héréditaire de génération en génération. Et la seconde erreur, de caractère proprement historique, était encore plus grave. C’était les années où se développait la révolution anti-coloniale au Vietnam, à Cuba, dans le Tiers Monde ; aux Usa les noirs luttaient pour mettre fin à la white supremacy, le système de ségrégation, de discrimination et d’oppression raciale qui pesait encore lourdement sur eux. Les théoriciens du dépassement de la lutte de classe étaient aveugles devant les âpres luttes qui se déroulaient sous leurs yeux.
Donc, si nous avons bien compris, vous élargissez sémantiquement l’expression « lutte de classe », en y incluant une gamme de problèmes et de questions beaucoup plus ample ?
Oui, Marx et Engels attirent l’attention non seulement sur l’exploitation qui se déroule dans le cadre d’un pays singulier, mais aussi sur l’ « exploitation d’une nation par une autre ». Dans ce second cas aussi nous avons affaire à une lutte de classe. En Irlande, où les paysans étaient systématiquement expropriés par les colons anglais, la « question sociale » prenait la forme d’une « question nationale », et la lutte de libération nationale du peuple irlandais non seulement était une lutte de classe, mais une lutte de classe d’une importance particulière : c’est dans les colonies, de fait –observe Marx- que « la barbarie intrinsèque de la civilisation bourgeoise » se révèle dans sa nudité et dans toute sa répugnance.
Pouvez-vous nous expliquer davantage la genèse historico-philosophique de votre lecture si inhabituelle des catégories traditionnelles ?
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samedi 30 mars 2013

La privatisation rampante de la Sécurité sociale

Par Laurent Mauduit
De prime abord, on pourrait penser que la réforme des retraites annoncée pour le printemps prochain n'est qu'un nouvel épisode de la politique d'austérité que le gouvernement socialiste met en œuvre à marche forcée. En tout cas, cela y ressemble furieusement. Evoquant l'indispensable redressement des comptes sociaux, Jérôme Cahuzac le premier, Marisol Touraine ensuite, ont promis ces derniers jours au pays de la sueur et des larmes.

C'est l'ancien ministre du Budget qui a sonné la charge dans un entretien aux Echos, le 15 janvier. Applaudissant sans retenue une proposition du patronat qui préconisait une violente désindexation des retraites complémentaires pouvant entraîner une perte de pouvoir d'achat de 1 % à 1,5 % l'an, il s'était empressé de dire qu'une telle voie, si elle était ratifiée par les partenaires sociaux, pourrait être «un élément d'appréciation très important» pour le gouvernement, avant qu'il ne mette en chantier la réforme du régime général.

Car, c'est bien connu, les retraités vivent dans l'opulence. Les chiffres du dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) en font foi : à fin 2010, le montant moyen de la pension dite de droit propre (hors réversion et hors majoration pour trois enfants et plus) s'élève à 1 216 € par mois (1 552 € pour les hommes et 899 € pour les femmes). Exorbitant, n'est-ce pas ?

C'est ensuite la ministre de la Santé et des Affaires sociales qui est montée au front, le 10 mars, pour prévenir que, forcément, «des efforts» seront demandés à «tous les Français», de sorte que le déficit de tous les régimes de retraite n'atteigne pas 20 milliards d'euros d'ici à 2020, comme le redoute le COR. «Rien ne doit être a priori exclu», a prévenu la ministre. Ni l'allongement de la durée d'activité, ni une nouvelle réforme des régimes spéciaux de retraite.
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Fascisme ou communisme : l'alternative est de retour

Par Alain Badiou
Que se passe-t-il, en temps de crise économique, du côté de ceux qui en subissent de plein fouet les conséquences : le monde ouvrier et plus généralement celui des salariés en bas de l'échelle ? Fondamentalement, il se passe qu'il devient impossible d'assurer, à leur avantage relatif, la continuation d'une politique «sociale». Non seulement de vives pressions s'exercent afin que les salaires réels stagnent ou diminuent ; non seulement s'installe un chômage de masse, mais on assiste au démantèlement progressif des protections sociales.

Tout cela peut se résumer en une phrase : il n'y a pas la moindre marge de manœuvre pour rallier les ouvriers et les employés au système économico-politique existant par l'attraction d'une politique sociale, d'une politique «de gauche». La possibilité d'une redistribution d'une petite partie des profits du capital aux salariés - certes toujours parcimonieuse, mais dans certaines circonstances suffisante pour que les peuples des grands pays développés acceptent le consensus autour du capitalisme impérial rénové - se trouve, en temps de crise, pratiquement réduite à néant.

Alors, faute de ce que Pasolini appelle «l'humble corruption», qui est la résignation au pouvoir existant achetée par une maigre redistribution «sociale», les ouvriers et salariés du bas de l'échelle, ce qu'on peut appeler les larges masses populaires, ne peuvent plus être ralliés que par des idées. C'est là sans doute l'effet le plus singulier des crises : elles exigent l'idée politique comme substitut à l'humble corruption. Or, des idées, dans ce domaine, et dès lors que l'idée «démocratique» ordinaire est hors jeu, il n'y en a en définitive que deux : l'idée identitaire et l'idée égalitaire.
 
Aller à la racine
L'idée identitaire consiste à désigner un «autre» intérieur comme responsable du blocage général de la redistribution, et donc du chômage et de la pauvreté. Ce fut, comme on sait, le juif autrefois, ou le métèque d'Europe centrale. C'est aujourd'hui, chez nous, l'étranger venu d'Afrique, l'Arabe, le Noir, le musulman. Dotés d'une collection d'attributs négatifs, constituant en outre une sorte de noyau dur du monde ouvrier, chose toujours dangereuse, ces personnages idéaux sont ce contre quoi, et avec violence, peut se reconstituer un consensus provisoire. Il se fera autour de quelques aventuriers politiques avec lesquels les vraies puissances - celles qui gèrent le capital - tenteront de négocier un nouveau consensus forcé, dans le cadre d'un Etat autoritaire. On se préparera inévitablement à la guerre, en commençant par celle qui existe déjà : la «guerre contre le terrorisme».
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vendredi 29 mars 2013

Rassemblement des retraités devant la permanence du Député Michel ISSINDOU

Rassemblement des retraités devant la permanence du Député Michel ISSINDOU, membre de la commission des Affaires sociales et rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’assurance vieillesse.

Le jeudi 28 mars 2013, comme partout en France, les organisations syndicales de retraités de l’Isère CGT / FSU / FO ont appellé les retraités à s’exprimer dans l’unité syndicale la plus large possible pour exiger des mesures d’urgence du gouvernement concernant le pouvoir d’achat des retraités.
L’année 2013 a commencé sous le double signe de la hausse des prix d’un côté, et de la volonté de réduire les pensions des retraités de l’autre.
Les exigences du patronat dans la négociation sur les retraites complémentaires des salariés du privé, l’ARRCO et l’AGIRC, de revaloriser les pensions versées par les deux régimes à un niveau inférieur de un point à l’inflation, et ce, dès le 1er avril prochain et pendant trois ans sont catastrophiques pour les retraités et futur retraités.
Les organisations syndicales de retraités  entendent rétablir la vérité sur la situation réelle des retraités. Non ! Ils ne sont pas des nantis.
La retraite n’est pas une aumône, mais un droit que l’on s’est ouvert en participant, par le travail, à la création de richesses : des milliards d’euros sont ainsi réinjectés chaque année dans le circuit économique et bénéficient à l’ensemble de la société.
« Nous n’attendons rien de Michel Issindou. Il nous dit une chose et vote le contraire à l’Assemblée nationale » a déclaré Maurice Point-Rivoire, secrétaire de l’union syndicale CGT de l’Isère. Nous n’en attendons pas plus d’une large majorité des élus socialistes interpellés dans toute la France. Appauvrir les retraités, les salariés, les populations est un non-sens pour une relance de l’économie et la lutte contre le chômage. »

François Hollande totalement déconnecté des urgences sociales (Pierre Laurent – PCF/FDG)

Ce n'est pas le laborieux exercice de justification de ses choix politiques auquel s'est livré ce soir le Président de la République qui peut convaincre le pays. Tout le monde voit que l'austérité mène à l'échec ici comme dans toute l'Europe. Mais le Président persiste et signe. Pire, il annonce une année 2013 de hausse continue du chômage, un nouvel allongement de la durée de cotisation des retraites, et sur l'Europe il propose d'aller plus vite dans les sanctions infligées aux peuples en prenant Chypre comme exemple !
Les mots de François Hollande sont restés totalement déconnectés des urgences sociales et des solutions nouvelles nécessaires. Rien de ce que nous avons entendu n'est de nature à rassurer les Françaises et les Français qui souffrent et ont plus que jamais besoin du changement pour lequel ils ont voté.
Il a vanté l'accord sur l'emploi signé par le Medef et trois organisations syndicales minoritaires en continuant à masquer les graves reculs des droits sociaux qu'il contient. Alors que débute dans 4 jours à l'Assemblée nationale la discussion sur ce projet majeur, on attendait du Président qu'il s'explique ! Rien de cela. Résultat, on s'apprête à faciliter encore les licenciements alors que le niveau de chômage bat tous les records !
Puisque le Président de la République ne veut rien changer à sa politique, rien entendre de la colère qui monte, j'appelle, au nom du Parti Communiste Français et du Front de Gauche, les forces du changement à entrer massivement dans l'action pour exiger un changement de cap, pour dire stop aux politiques d'austérité, stop aux licenciements, stop à la casse du code du travail et des services publics.
La semaine prochaine dans tout le pays, nous irons à la rencontre des salariés pour dénoncer les dangers du projet de loi gouvernemental sur l'emploi et demander le vote de la proposition de loi que nous avons déposée pour interdire les licenciements boursiers. La journée d'action syndicale interprofessionnelle du 9 avril a tout notre soutien. Elle doit être le prochain grand rendez-vous de la mobilisation populaire.

Agir pour mettre le cap à gauche

Par Patrick Le Hyaric
Du déplacement du Président de la République la semaine dernière à Dijon, il ne reste qu’une petite musique « a-démocratique ». Annoncé comme le moyen de renouer le dialogue avec les citoyens, il s’est terminé avec l’annonce de l’utilisation par le gouvernement des ordonnances pour légiférer et gouverner.
Elle fait écho à la décision du Premier ministre d’adopter le prétendu accord, sur un texte écrit par le Medef, en procédure dite accélérée, c’est-à-dire avec une seule lecture par les deux chambres du Parlement. C’est inquiétant et dangereux. La combinaison de l’application automatique du dernier traité européen, des règlements européens austéritaires comme ce qui est appelé le « two-pack », voté, dans le plus grand silence, par une majorité du Parlement européen la semaine dernière, la volonté de mettre en œuvre des accords entre syndicats minoritaires et le Medef, et maintenant les ordonnances déshabilleront notre République de ses attributs « démocratique et sociale ». L’empressement du gouvernement à faire voter cet « accord national interprofessionnel » tient à plusieurs facteurs, dont celui du refus d’un débat populaire approfondit sur les conséquences de ce texte n’est pas le moins important. Il y a sans doute plus sournois et plus inquiétant encore. La représentativité des syndicats signataires, telle qu’elle est issue de la loi de 2008, n’est pas démontrée. Ce vice de forme très grave conduirait, au sens vrai du terme, à obliger le Parlement à voter un texte issu directement des directives du Medef. Voilà qui affaiblit considérablement l’argument gouvernemental selon lequel cet « accord » démontre « le succès d’une méthode, celle du dialogue ».
Pas étonnant que la prêtresse du grand patronat, Mme Parisot, demande que la représentation nationale vote son texte sans amendement. Pas étonnant non plus qu’une cohorte d’anciens premiers ministres de droite comme JP Raffarin, F Fillon, appellent à voter le texte en l’état. Contre les travailleurs, F Fillon et JF Copé se retrouvent toujours plus facilement que pour la présidence de leur parti. Nous disons fraternellement aux parlementaires de gauche : laissez la droite voter seule le texte de Mme Parisot. Utilisez votre droit constitutionnel à amendements ! Prenez le temps de tirer les enseignements de tous les dispositifs dont ont bénéficié les grandes sociétés multinationales ces dernières années !

jeudi 28 mars 2013

Accord emploi: la pétition du non-socialiste fait boule de neige contre l'ANI

Lancée par des élus et responsables socialistes locaux, la pétition contre l'Accord national interprofessionnel sur la réforme du travail atteint ce mercredi plus de 1200 signatures.
Ce nombre qui augmente de jour en jour en bas de la pétition ne passe pas inaperçu, à une semaine de l'ouverture à l'Assemblée nationale de la discussion du projet de loi de transcription de l'ANI sur l'emploi. Le Parti socialiste n'est donc pas comme un seul homme derrière ce texte législatif en préparation qui entérinerait de nombreuses régressions dans le droit de travail pour les salariés.
"Des marges de manoeuvre existent"
Sans surprise, les noms de Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Gérard Filoche, Marianne Louis, Jérôme Guedj, Julien Dray, Jean-François Thomas, Anne Ferreira et, Jonathan Munoz, tous membres du bureau national du PS, se trouvent parmi les signataires de l'appel initié par les socialistes de Seine-Maritime.
Le 5 mars dernier, lors de la manifestation contre l'ANI, Emmanuel Maurel expliquait à l'Humanité.fr pourquoi ce projet de loi n'est pas bon:



Dans l'Humanité de ce mercredi, Marie-Noëlle Lienemann, avec le député PS Jérôme Guedj, réitèrent leur opposition au exte. "Il n'est pas sûr du tout qu'au sein de la gauche, cet accord soit majoritaire. la marge de manoeuvre existe pour le modifier", souligne même la sénatrice PS de Paris. On comprend mieux son opinion au vu des 1200 signatures recueillies sur la pétition "Pour renforcer les droits des salariés, le non socialiste au Medef". De nombreux élus locaux de toute la France se sont joints à l'initiative qui appelle à "amender le projet de loi, améliorer le Code du travail, écouter les syndicats majoriatires (FO et CGT, non signataire de l'ANI, ndlr), il n’y a rien de plus urgent quand on est socialistes".

A Tunis, les altermondialistes veulent redonner du souffle aux révolutions arabes

Par Sophie Chapelle
Deux ans après la révolution, la Tunisie accueille le Forum social mondial. Du 26 au 30 mars, plus de 30 000 personnes et 4 500 associations, syndicats et organisations non gouvernementales sont attendus à l’université El Manar. Droits sociaux, lutte contre le réchauffement climatique, émergence des « médias libres »... Autant de thèmes altermondialistes incontournables. Auxquels s’ajoute le soutien aux soulèvements populaires et aux processus de démocratisation en Maghreb-Machrek.
Les derniers coups de pelleteuses résonnent dans le campus. Elles aplanissent deux immenses terrains où s’établira le camp des jeunes autogéré. Les travaux de terrassement sont attentivement suivis par Abdelhafidh Gharbi, professeur et président de l’Université El Manar (« lumière » en arabe) à Tunis. Plus de 30 000 participants venus de 127 pays devraient arpenter les allées de l’université et participer à quelques uns des 950 ateliers du Forum social mondial (FSM). C’est au cœur des « Révolutions arabes » qu’après Porto Alegre au Brésil, Mumbai en Inde ou Dakar au Sénégal, les altermondialistes ont choisi d’organiser leur rencontre biennale.
« Un tel événement est une première depuis l’indépendance (de 1956, ndlr). L’ensemble du conseil de l’université élu démocratiquement a donné son accord pour sa tenue sur le site, se félicite le président de l’Université. On essaie d’instaurer une bonne gouvernance dont nous n’étions pas capables avant la révolution. » Les crédits débloqués pour l’occasion par le ministère de l’Enseignement supérieur, en vue d’améliorer le campus, profiteront également à l’ensemble des étudiants. « Sur le fond, les centaines d’ateliers prévus vont permettre aux jeunes d’échanger et de débattre. C’est la vocation même de l’université. »
Faire voyager les Tunisiens sans visas
A proximité, Layla enchaîne les coups de fil. Électricité, restauration, hébergement... Toutes les ultimes questions logistiques à régler. « Le fait que je sois architecte a certainement contribué à ce que je sois autant impliquée ici », confie-t-elle. Depuis plusieurs semaines, la jeune femme consacre bénévolement tout son temps à l’organisation du site qui doit accueillir, outre les Tunisiens, des Marocains, des Égyptiens, des Palestiniens, des Syriens, mais aussi des Brésiliens, des Italiens, des États-uniens ou des Français.
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mercredi 27 mars 2013

Chypre ou le symptôme de la crise européenne (Front de gauche)

L’Union européenne compte nombre de paradis fiscaux, Chypre certes, mais aussi le Luxembourg, la place de Londres, les iles Anglo-normandes, Monaco, le Liechtenstein, Andorre, les pays d’Europe centrale et orientale… En refusant tout processus d’harmonisation fiscale, en inscrivant cette disposition dans les traités européens, les gouvernements et les institutions de l’Union européenne ont permis le développement de paradis fiscaux au sein de l’Europe. Le dumping fiscal a créé les conditions pour que le recyclage des capitaux et le blanchiment d’argent deviennent une pratique courante en Europe. En refusant tout contrôle réel du système bancaire et en favorisant la déréglementation financière, les gouvernements et les institutions de l’Union européenne ont créé les conditions d’une crise bancaire qui touche peu ou prou tous les pays. Le cas de Chypre est donc emblématique d’une Europe construite pour satisfaire les marchés financiers.
Le plan adopté va aboutir à une désintégration du système bancaire et de l’économie chypriote qui sera supportée essentiellement par la population de ce pays. Certes, sous la pression populaire, le gouvernement chypriote et la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) ont renoncé à ponctionner les petits et moyens épargnants. Les grosses fortunes, qui avaient profité des facilités financières de Chypre, seraient mises à contribution. Cependant, ce prélèvement ne concernera que les banques chypriotes. Les grandes institutions financières étrangères présentes sur l’ile seront épargnées, alors même qu’elles sont coresponsables de la situation actuelle.
La mise en faillite de la seconde banque du pays, la Laiki Bank, et la restructuration de la Cyprus Bank vont avoir des conséquences tragiques en matière d’emploi. L’effondrement économique de Chypre, sans qu’aucune solution de rechange ni aucune aide ne soient même envisagées, va aboutir à une paupérisation massive de la population, ce d’autant plus que la Troïka a imposé un plan d’austérité drastique qui va encore aggraver dramatiquement la situation. Tous les ingrédients sont réunis pour une crise économique et sociale majeure.
Chypre avait besoin de 10 milliards d’euros pour sauver son système bancaire. Une somme toute relative en regard des 1000 milliards d’euros prêtés par la BCE à un taux dérisoire aux banques européennes dans le cadre du LTRO (Long-term Refinancing Operation). Les institutions européennes, et notamment la BCE, auraient pu refinancer les banques chypriotes en mettant comme conditions la transformation du système financier, la fin du dumping fiscal et une transformation progressive de l’économie chypriote. En refusant une telle solution, les gouvernements et les institutions de l’Union européenne ont une fois de plus montré que le sort des populations ne leur importe peu.
Le traitement de la crise bancaire chypriote est significatif du mépris des peuples par l’oligarchie européenne. La BCE a répondu par la menace au rejet par le Parlement du premier plan européen et le second plan n’a fait l’objet d’aucun débat démocratique et d’aucun vote au Parlement. La Troïka, soutenue par les gouvernements de l’Union, soutenue par le représentant du gouvernement français dont nous condamnons l'attitude, parle en maître. C’est cette Europe antidémocratique, qui se construit contre les peuples, qu’il faut mettre à bas. Il est temps que les peuples d’Europe se lèvent ensemble pour refonder la construction européenne, pour une Europe solidaire et démocratique.
Communiqué du Front de gauche

Le Figaro, Mélenchon et les communistes

Par  Robert INGEY
La charge lors du congrès du PG contre les 17 salopards, dont le ministre du gouvernement PS/EELV, Pierre Moscovici, a eu le mérite de révéler la réalité de la lutte des classes. Une réalité, faut-il le rappeler, dont l'ex-ministre Cahuzac niait la réalité.
Passons sur le style de ce type de charge, on aime ou on aime pas. Cela à l'avantage de faire le buzz médiatique, mais à l'arrivée est-ce que cela conforte les convictions, crédibilise les propositions... le débat est ouvert.
 
Deux choses par contre sont mises en évidence dans cette affaire.
 
D'une part l'adversaire ne reculera devant aucune bassesse pour tenter de nous porter préjudice. La volonté de donner une connotation antisémite aux propos de Jean Luc est odieuse et indigne. Que la droite se livre à ce genre de manœuvre rien d'étonnant. Provenant de quelques leaders de la gauche gouvernementale c'est pitoyable.
 
D'autre part je constate que pointer la finance fait mal. L'édito du Figaro de lundi est de ce point de vue éclairant.
Extraits : «Depuis combien de temps les met-on en garde contre la tyrannie morale que leur inflige l'extrême gauche (…) Depuis le congrès de Tours. Il y a quatre-vingt-treize ans... Qu'il (les socialistes) préconise de voter UMP si (…) un second tour devait opposer un candidat de la droite républicaine à un autre du Front de gauche ! (...) . Qu'il décide d'un cordon sanitaire à placer autour des communistes !.... »
« Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme... » cette phrase du Manifeste de Marx a été écrite il y a 165 ans. A lire le Figaro on constate qu'elle est toujours d'une grande actualité........

mardi 26 mars 2013

Les municipales ravivent le débat sur l’orientation du Front de gauche

La feuille de route signée par ses composantes, le 28 janvier, n’a pas réglé la discussion sur la stratégie à adopter aux municipales, le PG plaidant pour des listes autonomes.
C’est l’un des acquis incontestables du Front de gauche, comme le souligne Jean-Luc Mélenchon : « À chaque étape nous avons été capables de nous doter d’un document d’orientation. » Récemment encore, le 28 janvier, ses composantes ont rendu publics deux documents dans lesquels elles s’accordent sur la stratégie du Front de gauche pour « rassembler et pour construire une alternative de gauche ». Mais les formules couchées sur le papier ne règlent pas les débats au quotidien, comme l’ont montré les échanges sur le vote de la proposition de loi d’amnistie sociale, ou le débat, plus feutré cette fois, mais non moins réel, sur la stratégie en vue des municipales de 2014.
Polémiques normales dans une construction qui revendique sa diversité comme une richesse, ou révélateur de fractures plus profondes menaçant, à terme, tout l’édifice ? Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire, y voit le signe, sur son blog, d’« une discussion d’orientation (…) pas complètement réglée », et il redoute que, si ses animateurs n’y prennent garde, le Front de gauche approche « d’une zone de turbulences dangereuses ».
« Dans l’histoire du Front de gauche, des différences se sont toujours exprimées. Au final, c’est la réalité qui tranche », relativise Éric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche, qui y voit surtout l’expression de « nuances dans le degré d’autonomie vis-à-vis du gouvernement », aiguisées « par l’approche des municipales ». Pour lui, cela tient au fait que « le PG n’a pas le même degré d’implication avec la majorité gouvernementale » que le PCF, qui compte des milliers d’élus sortants dans les municipalités. Mais il en fait le pari : « Plus le temps avance, et plus la politique gouvernementale se durcit, plus il sera impossible aux municipales de ne pas partir en listes autonomes » du PS.
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Harcèlement sexuel au travail : des salariées sanctionnées pour avoir parlé ?

Par Nolwenn Weiler
Trois salariées d’une société de nettoyage, sous-traitante de la SNCF, ont décidé de porter plainte pour harcèlement sexuel et moral contre leur supérieur hiérarchique. Elles racontent être embrassées contre leur gré, subir des attouchements et des insultes. Mais depuis qu’elles ont parlé, leurs conditions de travail se sont dégradées et les vexations se poursuivent. La direction de l’entreprise demeure silencieuse, assurant qu’une enquête interne est en cours. Un éventuel procès ne se déroulera pas avant des mois...
« Depuis qu’on a parlé, nos chefs d’équipe nous donnent les pires choses à faire : les trains les plus sales, les quais les plus éloignés. Ils nous demandent même de nettoyer les locaux du personnel, alors que cela ne fait pas partie de notre contrat. » Karima, Houria et Bahia sont salariées de la société de nettoyage H.Reinier, une filiale du groupe Onet, sous-traitant de la SNCF. Elles travaillent à la gare du Nord à Paris, où elles nettoient les wagons et l’intérieur des rames des TGV, Thalys et Eurostar. En octobre dernier, elles ont décidé de dénoncer leur chef d’équipe : elles assurent être harcelées sexuellement et subir des injures de sa part depuis plusieurs mois. Elles sont d’abord allées voir leur direction, qui ne leur a pas apporté le soutien qu’elles espéraient. « Nous sommes ressorties des entretiens en pleurant », rapportent les trois femmes, des mères de familles âgées de 44 à 56 ans.
Épaulées par l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), elles ont finalement déposé plainte, pour harcèlement sexuel et moral, le 12 décembre dernier. « Quand on arrive le matin, il nous embrasse dans le cou, et y laisse de la salive », « il nous serre les hanches... », « il nous montre son sexe et se frotte contre nous », égrènent les trois femmes, entre deux sanglots. Et l’ont raconté aux policiers. « C’est tellement humiliant. Il pourrait être mon fils ! », lâche Bahia. « Elles ont osé parler mais beaucoup d’autres femmes sont victimes d’attouchements dans l’entreprise », poursuit Rachid Lakhal, cariste et élu CFDT. Selon plusieurs témoins, l’accusé considèrerait de son côté que « dans le nettoyage, toutes les femmes sont des putes ».
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lundi 25 mars 2013

Manif pour tous : un grand fourre-tout politique

Détourner des slogans et affiches à la gauche progressiste de mai 68 à nos jours, pour faire défiler des catholiques, des militants UMP et Front National dans un vaste flou des messages, la « manif pour tous » de ce jour n’est plus un simple baroud d’honneur, c’est un grand n'importe quoi politique.
Le pire étant certainement l’usurpation des luttes. "La priorité c'est Aulnay, c'est pas le mariage gay" osent scander des militants UMP alors même qu’ils passent leur temps à agonir d’injures la CGT et la lutte de ces ouvriers. Ils se réapproprient de même le slogan « On lâche rien », amené au Front de Gauche par HK et les Saltimbanks lors de la dernière présidentielle. Et puis ils détournent des affiches de mai 68, mélangeant à loisirs des messages sociaux et réactionnaires.
"Je me suis rendue compte qu'il y avait un lien entre la défense bioéthique et la défense sociale de l'être humain" tente d’expliquer Frigide Barjot.

Autre facteur de flou dans le message, la radicalisation de certains militants, qui, après le vote du texte à l’Assemblée Nationale, ont largement atteint le point Godwin. A l’image de Xavier Bongibault, un des porte-parole du mouvement et président de "Plus gay sans mariage", qui après avoir comparé Hollande à Hitler, assimile les défenseurs du mariage pour tous à des "collabos" et à des nazis. "Notre mouvement de résistance est comparable à celui qu'il y avait en 1944. Nous sommes dans un tel totalitarisme. Il y a une vraie volonté d'interdire notre résistance contre le mariage pour tous. "
Cette affiche  ci-contre d’un goût franchement douteux, signe également de la radicalisation d’une partie des opposants au mariage entre couples du même sexe, a finalement été abandonnée par crainte de poursuite judiciaire.
Plus personne ne maîtrise le message
Les dissensions au sein du mouvement sont nombreuses. Frigide Barjot assure pourtant que les slogans et banderoles seront soigneusement encadrés.  Mais quand on voit la multiplication des initiatives, on en doute. L’UMP mobilise ses militants pour protester contre la politique du gouvernement.
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Sarkozy mis en examen : réaction de Pierre Laurent

Le plus extraordinaire n'est pas la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Malgré la présomption d'innocence qu'il faut toujours rappeler, les relations d'argent entre Mme Bettencourt et l'UMP dont Nicolas Sarkozy était le président, ont toujours été évidentes.
En revanche le fait que la droite crie au scandale manifeste à l'évidence ce qu'il en était pour elle des liens entre la justice et les politiques.
Face au climat détestable des affaires en cours, il faut laisser la justice travailler en toute indépendance.
Le PCF demande depuis longtemps un changement de statut du chef de l'Etat afin qu'il puisse, en dehors de ses fonctions, répondre de ses actes pendant son mandat. Quant à l'indépendance des magistrats, elle doit être consacrée par un changement de statut du parquet.

samedi 23 mars 2013

Jean-Luc Mélenchon : "C’est une réorientation générale de la politique menée qui est à l’ordre du jour"

Alors que le congrès du Parti de gauche ouvre ses portes, son coprésident, Jean-Luc Mélenchon, affirme que l’heure n’est plus à « demander (au pouvoir) “une inflexion” ».
Votre congrès s’ouvre 
à l’issue d’une période qui a mis la majorité gouvernementale à l’épreuve. Ces difficultés pouvaient-elles être évitées ?
Jean-Luc Mélenchon. Hollande va dans le mur parce que sa ligne politique l’y condamne. Il connaît pourtant l’échec du PS au Portugal, en Espagne ou en Grèce. Le désastre est assuré économiquement – avec la politique de l’offre où le coût du travail, et non celui du capital, est montré comme l’adversaire – et avec la méthode politique qui croit pouvoir contourner le rapport de forces : cela revient à un désarmement unilatéral. C’est pourquoi le Front de gauche, durant toute la campagne, a porté la confrontation de deux lignes possibles pour la gauche. Au bout d’un an de pouvoir, on ne peut pas demander une inflexion. Quels aménagements Jean-Marc Ayrault pourrait-il faire avec les 20 milliards offerts aux entreprises, sans contrepartie du plan de compétitivité, et l’ANI  ? C’est une réorientation générale qui est à l’ordre du jour avec un changement de gouvernement ! Le Front de gauche est prêt à y pourvoir.
Quelles mesures sont à prendre 
de façon urgente ?
Jean-Luc Mélenchon. Au centre de tout : partager les richesses en faveur du travail, opérer la transition écologique du système de production. Pour cela, il faut frapper le cœur des problèmes, l’Europe. Marquer une rupture sur trois points. D’abord, la relation franco-allemande : totalement déséquilibrée, elle fonctionne à l’avantage exclusif du capitalisme allemand. Ensuite, l’euro. Nous avons toujours défendu l’idée que la monnaie unique pouvait être un point d’appui pour une politique progressiste, mais nous arrivons au point où ce discours devient inopérant du fait de l’obstination des dirigeants européens. Enfin, l’arc méditerranéen. Le moment n’est-il pas venu de nous apercevoir que nous avons un autre centre 
de gravité que l’Allemagne, du côté de la Méditerranée ?
Après quatre années d’existence, quel rôle doit jouer votre parti ?
Jean-Luc Mélenchon. Nous devons être un parti avant-coureur dans les formes de combat. Être une sorte de grand think thank qui met du matériel idéologique à disposition, comme avec la planification écologique, la révolution citoyenne, la règle verte et maintenant, l’écosocialisme. Par ailleurs, les partis du Front de gauche n’ayant su quel rôle me confier après l’élection, je suis à la fois le coprésident du PG – quasiment condamné à le rester – et le patrimoine commun du Front de gauche. Le parti doit gérer cette difficulté. Mais, en peu de temps, il a atteint les objectifs qu’il s’était fixés en se créant : constituer une force crédible en dehors du PS, rendre possible le Front de gauche, crédibiliser une alternative de gouvernement.
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Pénalisation des étrangers : « tout changer pour que rien ne change » ?

Contraint de se plier aux décisions de la Cour de justice de l’Union européenne, le gouvernement a fait adopter la loi du 31 décembre 2012 supprimant le délit de séjour irrégulier.
Une rupture avec la ligne de fermeté envers les étrangers en situation irrégulière ? Un pas vers plus d’humanité dans une logique de protection des droits fondamentaux ? Ce n’est malheureusement pas le cas.
- Pour pallier la suppression du délit de séjour irrégulier, des infractions demeurent ou sont mises en place. C’est ainsi que l’article L. 621-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) prévoit toujours la répression de l’entrée irrégulière et que la loi du 31 décembre 2012, reprenant d’une main ce qu’elle donne de l’autre, introduit une infraction de résistance passive à une mesure d’éloignement ou d’assignation à résidence (nouvel alinéa 1 ajouté à l’article L. 624-1 du Ceseda) : une façon de ne pas heurter de front la jurisprudence de la Cour de Luxembourg.
- La garde à vue des étrangers, rendue impraticable du fait de la dépénalisation du séjour irrégulier, est remplacée par une mesure de retenue administrative qui en est la copie quasi conforme : les services de police peuvent continuer de remplir les centres de rétention et les salles d’embarquement en tout confort.
L’essentiel répressif étant ainsi préservé, ce même gouvernement aurait pu se montrer plus compréhensif dans le traitement des conséquences réglementaires et administratives de ce tour de passe-passe législatif. Il n’en est rien.
- Le décret n° 87-249 du 8 avril 1987 portant création du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) n’autorise que l’enregistrement de données destinées à permettre l’identification d’auteurs de crimes ou délits ; il est donc en toute logique devenu inutilisable pour identifier les étrangers en situation de séjour irrégulier. Qu’à cela ne tienne, le ministère de l’intérieur prépare un décret élargissant l’objet du FAED, qui permettra de continuer à traiter leurs empreintes comme s’il s’agissait de délinquants.
- Les dépenses médicales et d’interprétariat engagées dans le cadre des nouvelles mesures de retenue administrative ne peuvent plus constituer des frais de justice, car ne se rattachant plus à la recherche d’auteurs d’infraction ; le ministère de la justice demandait donc que la logique budgétaire soit respectée et que le ministère de l’intérieur les prenne en charge. Matignon a pourtant tranché : ces dépenses continueront d’être imputées sur les frais de justice correctionnelle.

vendredi 22 mars 2013

Contre un projet de loi « qui va flexibiliser le travail

Une centaine de salariés syndiqués CGT se sont donné rendez-vous hier matin devant la mairie de Crolles, deux mois après l’accord national sur la sécurisation de l’emploi… Que la CGT et FO avaient refusé de signer.
Les manifestants, représentant une trentaine d’entreprises du Sud-Isère, n’ont pas choisi par hasard la mairie de Crolles, celle du député-maire et président de la commission des Affaires économiques à l’Assemblée nationale, François Brottes. Lequel, retenu à Paris, a indiqué qu’il serait à la réunion le 25 mars « à la permanence parlementaire du député Michel Issindou, entre plusieurs organisations syndicales, dont l’Union départementale CGT Isère ».
En attendant, Patrick Bernard, secrétaire général de l’USTM (Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie) CGT Isère, a revendiqué le « symbole » de la mairie. « On n’est pas là pour faire grève, mais pour faire pression. Nous n’avons pas voté pour Hollande mais contre la politique de Sarkozy. Cette politique, c’est toujours plus de flexibilité. Et ce texte (le projet de loi doit être promulgué fin mai, NDLR) va flexibiliser le travail. Il ne crée pas d’emplois, encore moins en période de crise. »
Le texte prévoit notamment l’encadrement des accords permettant de baisser salaires et/ou temps de travail en cas de difficulté. Il intègre de plus la possibilité de restructurer sans plan social via une mobilité obligatoire. Et en dépit de nouveaux droits octroyés aux salariés, « il y a d’autres possibilités à mettre en place, assène Patrick Bernard. Je regrette que l’on passe pour anti-tout. Lors du premier plan social d’Ascométal (au Cheylas), nous avions proposé un rachat de l’entreprise par les salariés. Pourquoi ça ne se fait pas ? Pourquoi ne pas nous laisser gérer ces entreprises ? Les Scop (Société coopérative et participative) sont celles qui ont une meilleure durée de vie ! »
Dauphiné libéré du  22/03/2013

Politique Le PCF pense (aussi) aux municipales à Grenoble

Un pied dedans, un pied dehors. La prochaine danse de l’été ? La situation dans laquelle se trouvent les communistes grenoblois. Eux qui font partie de la majorité municipale (de gauche)… mais dont les camarades ne se privent pas de taper sur le gouvernement (de gauche) sitôt coiffée la casquette “grands débats de société”. Du coup, en conférence de presse, c’était un peu ça, l’ambiance : une partie “haro sur Ayrault”, une autre bien plus cool sur les années Destot et « des budgets qui jusqu’ici ne font pas trop de mal aux Grenoblois ».
« Ce qui est certain, c’est que la colère monte, que la déception s’amplifie dans ce pays », dit le secrétaire départemental du PC Jérôme Marcuccini. Sarkozy et Hollande, blanc bonnet et bonnet blanc, comme on le lit de plus en plus souvent ? « Si Sarkozy avait été réélu, ça aurait été d’un autre niveau, bien pire, il n’y a qu’à voir son programme. Après, c’est vrai que sur certains thèmes, on attend la rupture. Sur l’austérité, notamment. Et puis quand on écoute Valls… »
De Matignon, de Beauvau ou de Bercy, nous revoici en Isère. Parce que « ce que l’on redoute, c’est que les choix faits au niveau national aient un impact sur les politiques locales, si le gouvernement continue sa politique d’austérité, alors, les politiques positives de Grenoble ne seront plus possibles », explique l’élu grenoblois Patrice Voir, baisses des dotations de l’État à la bouche.
« En plus de ça, on aimerait que Grenoble arrête de vouloir jouer les bons élèves dès qu’il y a une réforme ! S’il doit un jour y avoir un clash entre-nous, ce sera sur des sujets comme ça », complète sa collègue Marie-France Monery. Qui pense (entre autres) aux rythmes scolaires « qui vont coûter plus d’un million d’euros à la Ville de Grenoble. Si, pour équilibrer, il faut supprimer des services rendus aux Grenoblois… »
Tout ça pour dire que les communistes veulent peser localement. Et pour peser, on le sait, il faut des élus, donc des voix aux municipales en « rassemblant, relançant la dynamique, en élargissant le Front de gauche, non pas sur des alliances électoralistes mais sur les contenus et en bâtissant ces contenus pour et avec nos concitoyens […] Nous ne sommes certes pas majoritaires, mais nos idées, elles, le sont de plus en plus ».

jeudi 21 mars 2013

Rassemblement organisé par l’USTM 38 à Crolles

150 militants représentant de nombreuses entreprises de la métallurgie mais également d’autres secteurs y compris publics, se sont retrouvés ce matin devant la mairie de Crolles pour signifier au député-maire que la CGT attend autre chose des parlementaires du PS que l’acceptation des dogmes du Medef sur la réduction du coût du travail qu’il veut transcrire dans la loi à la suite de l’accord minoritaire du 11 janvier.
La CGT exige une politique sociale répondant aux besoins des salariés pour sortir de la crise et non des mesures qui nous y enfoncent tous les jours un peu plus.

S’attaquer à la racine de la crise- Edito du n°66

La contraction du commerce et la destruction de l’industrie, conjuguée aux effets socialement désastreux de la politique d’austérité du gouvernement, entraîne une augmentation massive du nombre de chômeurs. L’emploi, les salaires, les conditions de travail, les allocations et retraites : tout ce qui concourt, en somme, à créer les conditions d’une vie digne et supportable, est constamment miné et détruit. L’explication de cette régression est souvent présentée comme le résultat d’une « crise » dont on n’explique pas les causes, comme si elle existait indépendamment des intérêts de classe, comme si personne n’en était responsable. Pourtant cette « crise » n’affecte pas tout le monde. Alors que l’avenir s’assombrit pour la majorité, les riches et les puissants qui se trouvent au sommet de la pyramide sociale continuent de s’enrichir. Ils ne s’occupent que de leurs intérêts égoïstes.
Prenez n’importe quel aspect de cette « crise », que ce soit le chômage, la dégradation des salaires et des conditions de travail, les suppressions d’emploi et délocalisations, les loyers exorbitants, le démantèlement des services publics, l’endettement de l’Etat – sans parler de la corruption ou des scandales comme celui de la viande de cheval et autres trafics alimentaires –, et vous trouverez que l’explication réside, en fin de compte, dans la volonté d’entretenir et grossir les fortunes, les privilèges et le pouvoir de la classe capitaliste. C’est l’avarice sans bornes de la classe capitaliste et le chaos inhérent à leur système qui sont la cause de la crise. C’est une classe qui vit au détriment du reste de la société, une classe de parasites. Une fois qu’on a compris cela, l’objectif de « sortir de la crise » ne peut se concevoir qu’en s’attaquant à sa racine. Pour que la société se relève, pour que les travailleurs et la jeunesse aient un avenir digne, il faudrait en finir avec cette classe en lui privant de la source de son pouvoir : sa propriété.
Tout le monde voit que les gouvernements se succèdent, mais la politique mise en œuvre, elle, ne change que sur quelques détails. L’explication est simple : le problème qui se trouve au cœur de la « question sociale » n’est pas tant le personnel des ministères, mais le pouvoir économique, le contrôle des banques et des entreprises. Changer de gouvernement sans s’attaquer aux intérêts capitalistes n’offre aucune solution. Tout gouvernement, qu’il se qualifie de droite ou de gauche, qu’il se somme « socialiste » ou même « communiste », qui ne veut pas s’attaquer au capitalisme – c’est-à-dire aux capitalistes – sera nécessairement réduit à en être l’instrument, le serviteur.
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mercredi 20 mars 2013

L'ANI décrypté en 4 minutes chrono

Un nouvel épisode de la série, "On vous fait un dessin" sur le contenu de l'Accord national interprofessionnel (ANI) conclu, le 11 janvier dernier, entre le Medef, la CFDT, la CFTC, la CFC-CGC mais refusé par la CGT et FO.


On vous fait un dessin "ANI" par CN-PCF

Les pauvres fraudent dix fois moins que les riches

Par Nolwenn Weiler
Une famille de cinq personnes au RSA gagnerait plus qu’une famille de même taille avec un salaire au Smic : ce calcul, complètement bidon, posté sur Facebook a eu un succès fou. Un calcul sérieux montre au contraire qu’une famille au Smic s’en sort un peu moins mal avec un « reste à vivre » (après les dépenses contraintes : loyer, électricité, transport...) de 1406 euros par mois contre 801 euros pour un foyer similaire au RSA, selon les calculs refaits par l’association ATD Quart Monde et Rue 89.
Qu’importe. L’idée selon laquelle les plus précaires abuseraient du système, aux dépens de « ceux qui travaillent », est décidément bien ancrée. Et allègrement relayée par certains politiques. Il y a deux ans Laurent Wauquiez déclarait ainsi que « un couple qui ne travaille pas, qui est au RSA, en cumulant les différents système des minima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel une personne gagne un Smic. Ce n’est pas logique, c’est la société française qui tourne à l’envers ».
Combattre les idées reçues
ATD Quart Monde s’attaque frontalement à ces idées reçues avec une campagne. L’association montre qu’un couple ayant deux enfants et un Smic doit se débrouiller avec 1881 euros par mois (toutes aides sociales comprises). Alors qu’une famille de même taille avec un RSA dispose de seulement 1341 euros par mois. Précisons que la moitié seulement des ayant-droits au RSA le réclament, ce qui entraîne une « économie » annuelle d’environ 5 milliards d’euros.
« La fraude aux prestations sociales, évaluée à environ trois milliards d’euros, concernerait 1% des particuliers », rappelle ATD Quart Monde. 90% de ces trois milliards sont récupérés. Des sommes fort éloignées de la fraude aux prélèvements sociaux, estimée entre 8 et 12 milliards. Cette fraude concernait en 2007 10% des entreprises, selon le Conseil des prélèvements obligatoires. Quant à la fraude fiscale, elle coûte chaque année 30 milliards d’euros à l’État français, selon un rapport du Sénat rendu public en juillet 2012.
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